Comment dépasser la peur de l’échec pour aller vers la performance ?

Dans notre société de la gagne à tout prix, on prête attention aux médailles d’or sans en connaître le prix, au sens du travail invisible effectué pour la décrocher, l’échec est fuit comme la peste.

Il nous est souvent difficile d’accepter que le chemin vers les sommets passe par des cases d’échecs. Lorsque l’on tombe dedans, un flot d’excuses surgit afin de nous dédouaner de notre responsabilité, de nous convaincre que la défaite est, en partie, due à des éléments extérieurs

L’échec est un passage obligé de la victoire alors autant apprendre à en tirer profit, à le valoriser sans en avoir peur.

Bref si l’on dédramatisait l’échec ? A quoi l’échec peut-il bien nous servir ? Car je suis certain que l’on peut apprendre à accepter les imperfections pour en faire une piste de progression.

 

La peur de l’échec

Qu’est-ce que la peur ? C’est une émotion. Emotion, du latin motio :mouvement et « e » qui signifie venir de. L’émotion est donc un mouvement provoqué par une excitation extérieure.

Elle s’exprime de manière différente selon chacun. Si l’on prend l’exemple de la peur exacerbée par un enjeu, le comportement, le mouvement intérieur adopté face à cette émotion peut être parfois l’inhibition, le blocage. Comme un lièvre qui se fige en voyant les phares d’une voiture foncer sur lui. Certains athlètes fonctionnent comme cela face à la pression, d’autres au contraire s’en nourrissent pour avancer.

Face à la situation de blocage on entend tout et son contraire. « Mais pourquoi tu stresses, ce n’est qu’une compétition ? T’as peur de quoi ? T’as pas le mental ! … »

Comme si celui qui stressait, choisissait délibérément de réagir négativement face à son stress. Lorsque l’on est complètement tétanisé par l’enjeu que l’on se fixe, consciemment ou inconsciemment, il est difficile, dans le moment présent de reprendre de la distance, de redevenir « capitaine du navire ».

Justement, cela s’apprend.

Souvent à l’origine de l’échec on trouve la peur de l’échec. Si la prise de conscience permet de travailler sur ce problème, elle est parfois difficile à mettre en lumière, à assumer.

Cette peur de l’échec est alimentée par les histoires que l’on se raconte, que l’on projette sur ce qui pourrait nous arriver en cas de défaite : quel sera le regard des autres, leur jugement, le statut que l’on pense avoir, que l’on imagine perdre…

Face à cela, notre mental est très fort pour nous faire adhérer aux histoires négatives et autres présupposés qu’il fabrique. Nous sommes nos pensées, ce que nous croyons être, en cela nous adoptons les comportements liés à nos croyances.

Le rôle d’un coach, d’un entraîneur ou d’un manager, est justement de pouvoir questionner cette peur, d’amener son athlète ou son collaborateur à exprimer la quintessence de son potentiel.

Si l’on prend le cas du judo, la peur de perdre s’exprime différemment selon les athlètes. Souvent, cela se traduit par une sorte de paralysie dans l’expression même de la discipline : pas de prise de risque de peur de mal faire ou d’être contré, donc pas d’attaque. Si je n’attaque pas, je ne ferai pas tomber mon adversaire, donc je ne mettrai pas en place tous les atouts dont je dispose pour gagner. Une situation frustrante lorsque le judoka en question est un bon combattant et que l’on sait ce qu’il est capable de mettre en place dans un jour où il lâche prise.

Pour un artiste, un humoriste autre exemple, la peur du « bide » est assez fréquente, finalement l’angoisse de ce que vont penser les gens dans la salle et la façon dont ils vont réagir lors de la première « vanne » font baisser le niveau d’énergie du comédien et ne lui permettent pas d’évoluer à son niveau de relâchement idéal pour performer. Encore une fois, j’insiste sur le fait que tous, ne réagissent pas de la même façon face au stress, ce ne sont que des blocages rencontrés au cours de mes expériences de coach.

Nos ressources

Comme je le mentionnais plus haut, lorsque nous sommes face à une situation de stress exacerbée engendrant une forte inhibition, nous ne souhaitons qu’une chose : « reprendre le contrôle pour nous apaiser ». Est-ce possible ? Avons-nous réellement le contrôle sur nos émotions ? Une émotion est-elle contrôlable à 100% ? La coache néo-zélandaise, Lynne Burney, qui m’a formé au coaching, m’a dit un jour : « lorsqu’une émotion frappe à votre porte, laissez-là entrer. Accueillez-la chez vous et laissez la repartir tranquillement. » Il s’agit de la coache de Thomas Coville, le célèbre navigateur aux multiples records.

Ce qu’elle voulait exprimer par cette phrase, c’est que nous n’avons pas le contrôle total sur nos émotions, par contre, nous avons le devoir de les reconnaître pour composer avec. En reconnaissant nos émotions, nous apprenons à nous connaître nous-mêmes.

Cette peur, vient souvent du fait que l’on se focalise plus sur l’enjeu que sur le jeu lui-même. Or, c’est le jeu, la manière de FAIRE qui nous permettra d’atteindre le succès. Peu importe le niveau de compétition, chacun a sa propre montagne à gravir, souvent la crainte de l’échec est en rapport avec le monde extérieur, les autres, les conséquences, les jugements…

Mais quel pouvoir avons-nous de savoir ce que les autres penseront ? Quel pouvoir avons-nous de savoir si nous allons perdre ou gagner, faire rire ou non ? Nul ne peut connaître le résultat à l’avance.

Le questionnement de type « coaching » permettra de prendre conscience que tout n’est pas en notre contrôle absolu. Lorsque je combats, je ne suis biensûr pas seul. En face, il y a un adversaire qui lui non plus n’est pas prêt à se laisser malmener. Je ne suis donc pas le seul décisionnaire de ma victoire. Même avec une volonté de fer, d’autres paramètres rentreront alors en jeu. De la même manière un artiste sur scène, seul, devant un public en attente de passer un bon moment, son spectacle ne plaira pas forcément à 100% de l’audience, chacun aura sa propre appréciation, son propre ressenti. Son texte, sa posture, son jeu seront en son contrôle, pas le rire et la satisfaction du public. En donnant le maximum, il cherchera à les toucher du mieux qu’il peut faire, mais le public, seul décidera d’apprécier ou non le spectacle.

Qu’est-ce qui est sous mon contrôle ? Voilà une question qui pourra en aider plus d’un. Je me concentre sur mes ressources internes, ce que je sais faire, ce que je fais le mieux et je choisis de m’engager dans ma prestation, dans mon combat, dans mon spectacle à 100%.

Le résultat, ce qui viendra après, je ne le connais pas, ni moi ni personne. Mais je sais que si je me donne au maximum en ravivant la flamme qui brûle à l’intérieur de moi, le meilleur se produira.

Il en est de même dans beaucoup de situations dans la vie : un entretien d’embauche, un audit, une histoire d’amour…

 

Pour conclure, j’ouvrirai vers l’idée que souvent nous cherchons à l’extérieur de nous les solutions à nos peurs, à nos problèmes, alors que la solution est probablement voire sûrement, en nous.

Ici et maintenant à l’intérieur.

Un questionnement adapté permettra de faire émerger ces solutions, ces clés.

Les croyances que nous avons vis-à-vis de nous-mêmes, deviennent des réalités. Nous sommes ce que nous pensons.

Adopter un travail de développement personnel c’est aider ceux qui s’investissent à prendre du recul à mieux se connaître et ainsi déjouer les plans d’auto-sabotage qui peuvent nous faire si souvent échouer. Il ne s’agit pas de reprendre le contrôle sur les émotions, car une émotion ne se contrôle pas, elle vient et repart. Il s’agit d’apprendre à composer avec. L’accepter, la laisser partir.  La faire muer de faiblesse à force, ainsi en user pleinement pour être parfaitement aligné sur son potentiel…

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