Les secrets de la concentration dans la performance sportive

 

« Je ne comprends pas… pourtant j’étais concentré »

« je n’arrivais pas à m’exprimer… pourtant j’étais bien concentré »

« je voulais tellement gagner… j’étais concentré sur ça »

« je menais et je perds à 10 secondes de la fin… sur une erreur de débutant… pourtant j’étais concentré ! »

Voilà un florilège de phrases que j’ai beaucoup entendu au cours de ma carrière de combattant ou d’entraîneur et qui m’amène à poser la question centrale :

Sur quoi étais-tu concentré ?

Voilà l’énigme que je pose et à laquelle je vais tenter d’apporter des premiers éléments de réponses.

On attribue souvent à la défaite, un manque de concentration. Certains diront : « il n’a pas le mental »…c’est d’ailleurs souvent l’excuse lorsque l’on est incapable de savoir, d’analyser les raisons d’une défaite. En réalité, concentrés, les athlètes le sont, oui, mais sur quoi ? C’est peut-être en travaillant ce point, que la différence se fera in-fine !

Sont-ils concentrés sur le résultat (futur), sur la défaite qu’ils ont encaissée au tour précédent (passé) ?

Mais au fond, sont-ils bien là ici et maintenant ? Présents à faire, rien que dans l’action…Cet état de grâce, que chacun a peut-être déjà pu expérimenter dans sa pratique sportive. Cet état où l’on fait les choses avec justesse, au bon moment, dans un timing parfait, sans penser à quoique ce soit d’autre… Une sorte de grand vide pourtant tellement précis. Amenophis concentration

C’est une évidence que je vais rappeler, mais lors d’une compétition, il y a beaucoup de choses qui vivent.

  • A l’extérieur : l’adversaire, le public, l’entraîneur, les proches…
  • A l’intérieur : nos émotions, nos doutes, notre discours interne.

Cela constitue notre environnement, et quoiqu’il arrive nous devrons composer avec. Mais justement, composer avec, ne signifie pas « le subir ».

Il est important que l’athlète se sente confortable dans son environnement. Certains ont besoin d’être dans leur bulle et de ne pas parler aux autres, d’autres préfèrent le contact détendu avec l’extérieur. A chacun sa méthode, mais il est important de pouvoir choisir son mode de fonctionnement et de l’assumer.

Prendre conscience de l’extérieur donc, ce sera par exemple (dans le cas du judo qui est ma pratique de référence) :

« je sais que mon adversaire est gaucher et qu’il est très précis dans ses attaques de jambes« .

Je me concentre sur ce que je mets en place et non pas sur le résultat, car pour l’instant je ne le connais pas. Personne d’ailleurs, ne peut le connaître à l’avance. Quoiqu’il en soit le jour du match, notre « job » est donc de nous concentrer sur ce qui important pour nous lors de ce moment. Ma manière de combattre, ce que je vais mettre en place va donc déterminer l’issue du combat. Mais pas que !

Il y a aussi mon adversaire. Pour bien le ressentir et lire son jeu, je dois donc être ici. Bien présent. Je suis conscient de mes points forts, mais aussi conscient de mes faiblesses. Je me concentre donc sur ce que j’ai à effectuer en premier lieu.

Souvent, on se pose des questions, le discours interne se met en marche, on doute ou au contraire on se sent hors d’atteinte car on mène largement. Ce sont dans ces moments là que l’on se déconnecte du jeu ou du combat l’espace d’une dizaine de secondes, d’une minute.

Pour se reconnecter facilement des outils existent : la méditation, la visualisation, mantras, les routines et bien d’autres… A chaque athlète sa routine de concentration.

Si l’on prend l’exemple de la méditation, il en existe plusieurs formes. La méditation de pleine conscience, active, transcendantale, vipassana… Sur une compétition où l’on est un peu stressé, la pratique de la méditation peut-être une belle option afin de gérer son stress au mieux. On portera alors l’attention sur les émotions ressenties à l’instant présent afin de se recentrer et évacuer son stress. Réussir à rester calme permettra de pouvoir prendre des décisions plus justes, être plus efficient.

Chez les athlètes on parle parfois de « rituels ». Ces rituels ne sont pas anodins. Ils servent souvent à « se reconnecter, à se recentrer, rentrer dans sa bulle ». Ils sont mis en place à des moments où les joueurs en ont besoin. Une respiration calme et posée, puis selon chacun, des gestes précis, des mots clés prononcés pour s’ancrer et agir le plus justement possible.

Par exemple si l’on observe l’illustre tennisman Rafael Nadal, il effectue à chaque service une routine où après avoir choisi ses balles, il se touche le nez et se recoiffe très rapidement d’un côté et de l’autre avant d’effectuer son service ou de le recevoir. De façon méthodique, toujours les mêmes gestes.

Le célèbre rugbyman, Jonny Wilkinson, utilisait, lui, une routine posturale bien spéciale. Le fait d’avoir les mains jointes lui permettait de « […] réussir à faire tomber la pression, et de ne plus entendre le bourdonnement des tribunes. » livre t-il dans une interview.

La concentration sera donc un paramètre inhérent à chaque athlète, chaque personne aura sa propre façon d’y parvenir. Certains s’isolent, d’autres discutent, rigolent et puis lorsque vient leur tour, ils arrivent à rentrer dans leur « bulle » de manière quasi-instantanée.

Afin de progresser, si vous vous reconnaissez dans les différentes situations évoquées, réfléchissez à ce dont vous avez besoin pour vous sentir bien, avant ou pendant un match, un combat, une compétition.

En élargissant notre angle de vue, on peut aisément faire la transversalité entre sport et entreprise. Bien entendu les enjeux seront différents, mais les approches auront des points communs (que votre problématique professionnelle s’apparente à un marathon comme un dossier au long cours, à un match de boxe avec un concurrent qui veut vous éliminer de la course au marché, à un match de rugby où le combat sera rude mais en équipe ou à un concours de patinage artistique où la subjectivité de ceux qui vous jugent peut faire toute la différence…).

Cela pourra peut-être vous aider à gagner en sérénité et garder les idées claires, lors de moments capitaux de votre carrière ou de votre vie.

 

François BARD

 

1 réflexion au sujet de “Les secrets de la concentration dans la performance sportive”

  1. et pour mobiliser toutes ses facultés mentales et physiques sur son action, il faut oublier sa peur de perdre. Mais dans notre société comme dans le sport, on place de telles attentes sur le résultat et dans son caractère Immédiat que c’est excessivement difficile de ne pas penser aux enjeux.
    Excellent article qui devrait nous aider à garder le contrôle !

    J'aime

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